Olivier Wieviorka

voir aussi : http://www.melissa.ens-cachan.fr/rubrique.php3?id_rubrique=161

Les recherches entamées depuis 1984 se sont focalisées autour de quatre axes.
La résistance : la réflexion s’est d’abord centrée autour d’un mouvement de résistance, Défense de la France, objet d’une thèse dirigée par Antoine Prost et soutenue en 1992. Cette analyse a permis notamment de réfléchir à la problématique de l’engagement, aux relations unissant la résistance intérieure au général de Gaulle, aux formes de la propagande – de sa conception à sa réception. Ces analyses se sont prolongées dans une série d’articles ou de contributions collectives (colloques, n° spécial de Vingtième siècle dédié à l’engagement co-dirigé avec Michelle Perrot).
Vichy : ce thème, exploré d’abord dans le cadre d’une maîtrise consacrée à la droite libérale, a trouvé un aboutissement dans une recherche consacrée aux parlementaires français, du 10 juillet 1940 à leur épuration. Revenant sur un vote finalement peu étudié, l’ouvrage, adoptant une approche prosopographique, a envisagé le devenir de quelque mille députés et sénateurs, soumis à la tentation vichyste pour les uns, à la dérive fasciste pour les autres – mais parfois également engagés dans une résistance politique, militaire ou civile. Cette réflexion a également conduit à la publication de plusieurs articles ainsi qu’à un ouvrage de synthèse consacré à Vichy (en collaboration avec Jean-Pierre Azéma).
La transition démocratique : coïncidant avec la Libération, cette transition a été abordée dans un livre de synthèse (en collaboration avec J.-P. Azéma) ainsi que dans plusieurs articles portant sur l’insurrection de Paris, l’épuration, la restauration de la légalité républicaine…
Dernier axe, le débarquement, objet d’un livre à paraître en septembre. Il s’agit ici de revenir sur la dimension guerrière des années sombres, en envisageant un objet souvent traité sous le prisme exclusif des aspects militaires. Cette dimension a bien entendu toute sa place. Mais l’ouvrage entend également traiter des relations internationales, de la mobilisation économique (britannique et américaine), de l’attitude des soldats, des liens tissés, enfin, entre les Français et leurs libérateurs.
À l’avenir, le CHS devrait me permettre de poursuivre sur cette lancée, en me focalisant sans doute sur les aspects politiques de l’occupation. À plus long terme, des recherches portant sur la vie politique du second vingtième siècle (recherches incorporant une dimension sociale et économique) devraient également être menées.


Publications principales antérieures à 2005

Ouvrages

Les Orphelins de la République. Destinées des députés et sénateurs français. 1940-1945, Paris, Seuil, Coll. « L’Univers historique », 2001, 458 p.
Une certaine idée de la Résistance : Défense de la France, Paris, Seuil, Coll. « L’Univers historique », 1995, 497 p.
Nous entrerons dans la carrière. De la Résistance à l’exercice du pouvoir, Paris, Seuil, Coll. « Vingtième siècle », 1994, 451 p.
en collaboration avec Jean-Pierre Azéma, Vichy 1940-1944, Paris, Perrin, 1997, 280 p. Réédité sans illustrations, Perrin, 2000, 374 p. Réédité en format poche, Coll. « Tempus », 2004, 374 p.
en collaboration avec Jean-Pierre Azéma, Les Libérations de la France, Paris, La Martinière, 1993, 293 p.
en collaboration avec Christophe Prochasson, La France du XXe siècle, documents d’histoire, Paris, Coll. « Points-Seuil », 1994, 734 p., édition révisée et augmentée, Points-Seuil, 2004, 766 p.
en collaboration avec Vincent Milliot, Méthode pour le commentaire et la dissertation historiques, Paris, Nathan, Coll. « 128 », 1994, 128 p., édition révisée, 2001, 128 p.

Articles, communications, participation à des ouvrages collectifs
publiés en 2004-2006

« La France politique des années sombres », in Serge Berstein et Michel Winock (dir), La République recommencée. De 1914 à nos jours, Paris, Le Seuil, 2004, p. 157-221.
« Les dessous d’une opération à risques », L’Histoire, mai 2004, p. 38-49.
« Parigi liberata : antifascismo o independenza nationale ? Miti, simboli, realita », Colloque Istituto Ligure de la storia della Resistenza et dell’Eta contemporanea, Europa Liberata, Gênes, 6-8 mai 2004, publié sous le titre « Insurrezione, rivoluzione o liberazione ? Parigi, agosto 1944 », Storia e memoria, n° 1, 2005, p. 11-21.
Histoire du Débarquement. Des origines à la libération de Paris. 1941-1944, Paris, Le Seuil, 2007, 450 p.
direction en collaboration avec GILDEA Robert et WARING Anette, Surviving Hitler and Mussolini. Daily life in occupied Europe, Berg publishers, 2006, 244 p.
« Il canto del cigno ? La storia della resistenza francese », Contemporanea n° 1, juin 2006, p. 132-139.
« Guerra civil a la francesa ? El caso de los anos sombrios (1940-1945) », in AROSTEGUI Julio et GODICHEAU François (dir.), Guerra Civil. Mito y memoria, Madrid, Marcial Pons, 2006, p. 337-360.
« Agir dans la tourmente ? L’action parlementaire des socialistes durant les années sombres », Parlement[s], n° 6, 2006, p. 73-80.
« Haute mer ou écume ? Charles de Gaulle vu par son fils », Critique n° 697-698, juin-juillet 2005, p. 475-483.
« L’Union soviétique et la libération de la France », in VAÏSSE Maurice (dir.), De Gaulle et la Russie, Paris, CNRS éditions, 2006, p. 61-69.
« The Strange Paradox : Vichy after Vichy », in BOREJSZA Jerzy W. et ZIMER Klaus (dir.), Totalitarian and authoritarian regimes in Europe. Legacies and lessons from the Twentieth century, New York/Oxford, Berghahn books, 2006, p. 384-395.
« Chronique d’une guerre de 26 jours », entretien avec John Keegan, L’Histoire, n° 308, avril 2006, p. 36-45.
« Introduction générale », in Bernard Garnier et alii, Pourquoi résister ? Résister pour quoi faire ?, Caen, Le Mémorial de Caen, 2007, p. 3-8.
« Renouvellement ou renouveaux ? Le personnel politique à la Libération », publiée sous le titre « Replacement or Renewal ? The French political élite at the liberation », in Andrew Knapp (dir.), The Uncertain foundation. France at the Liberation. 1944-7, Londres, Palmgrave, 2007, p. 75-86.
« Préface » à Défense de la France, Les Témoins qui se firent égorger, Paris, L’Harmattan, 2007, p. 9-14