Histoire sociale du politique, histoire politique du social


Séminaire de DEA
organisé par Sandrine Kott (Poitiers), Michel Pigenet (Paris I), Danielle Tartakowsky (Paris 8)

Programme 2003-2004

Le séminaire se tient le jeudi à 9 h 30 à 12 h , au CHS du XXe siècle, 9 rue Malher, 75004 Paris


Un précédent séminaire s'était interrogé sur les processus de politisation et de dépolitisation des milieux populaires en privilégiant les moments de crise et de basculement. Il s'inscrivait dans la perspective d'une histoire sociale du politique. Le séminaire qui se déroulera de 2003 à 2005 prolonge cette approche en se focalisant, cette fois, sur les modalités institutionnelles ou non de construction de la domination ou de sa remise en cause. Il s'attache aux rapports qu'entretiennent la répression, la domination et l'hégémonie, sur les espaces et les modalités de négociation construits par les acteurs sociaux, sur le pouvoir des images et des mots, en empruntant, occasionnellement, aux apports de l'histoire moderne..

La question de la domination, catégorie commune aux analystes du « politique » et du « social », invite à explorer ce qui se joue autour de la notion clé de légitimité. Si la sociologie admet, après Weber, qu’elle procède de la tradition, du charisme ou de la « légalité » de type bureaucratique, l’histoire souligne la force et l’ambivalence d’une référence chère aux pouvoirs comme à ceux qui les contestent. Pour relever de l’éthique en ce qu’il renvoie aux valeurs et aux normes, le concept ne structure pas moins des discours, des rituels, des institutions et des pratiques. On sait combien la mise à jour d’une « économie morale » a modifié le regard porté sur les mouvements populaires. Dans ce sillage et fort des acquis antérieurs, on s’efforcera de revenir sur l’actualité, les modalités, la portée du recours, sous différentes latitudes, au « bien commun », au « bon droit », à « l’équité », à « l’intérêt général », etc., dans la vie sociale et politique contemporaine. Si l’on admet que la domination exige et repose sur l’adhésion - ce qui ne veut pas dire l’acceptation – des « sujets » qu’elle entend soumettre, il importe de s’intéresser à l’analyse des rapports entre les acteurs et de tenter de cerner un échange, même déséquilibré, entre ceux qui exercent le pouvoir, détiennent les moyens de répression et de propagande et ceux qui le subissent, mais ne sont pas dénués de ressources. C’est dans cette perspective que nous entendons ainsi aborder la manière dont les sociétés d’Europe communiste ont été « traversée » par la domination politique. Plutôt que de s'interroger sur les raisons et les mobiles qui ont conduit les communistes à « prendre » le pouvoir, de décrire les institutions qui le confisquent à leur profit et le « système de règles » qu'elles imposent, il s'agira de comprendre la manière dont il s'exerce, les mécanismes et pratiques de domination et d'assujettissement comme les formes d'(in)soumission, d'analyser comment il s'enracine dans la société elle-même sans reconstituer « au dessus » d'elle une structure supplémentaire. La confrontation avec des interventions consacrées à des problèmes similaires en Europe occidentale permettra de s'interroger sur les spécificités éventuelles de ces formes de domination.

13 novembre 2003
Sandrine KOTT, Michel PIGENET, Danielle TARTAKOWSKY
Séance introductive.
4 décembre 2002
Thomas LINDENBERGER
Gestion autoritaire des « asociaux ». Les pratiques d'exlusion/inclusion dans la «dictature sociale » (RDA).
8 janvier 2004
Laure PITTI
Les ouvriers algériens dans les grèves des usines Renault : identités politiques, identités culturelles.
22 janvier 2004
Stéphane BEAUD, Michel PIALOUX
Le « déclin » de la classe ouvrière ?
19 février 2004
Sylvie APRILE
Engagement et désengagement politique des exilés français dans la seconde moitié du XIXe siècle. Parcours de femmes et d’hommes.
18 mars 2004
Michel CHRISTIAN et Julian MISCHI
Le Parti communiste, entre parti de gouvernement et parti d’opposition, RDA/France.
29 avril 2004
Martine MESPOULET et Emmanuelle SIBEUD

enquêtes et statistiques .

Martine MESPOULET, Administrer par les chiffres: coopération, conflits, négociations entre
statisticiens et dirigeants bolcheviks (1917-1939) ;
Emmanuelle SIBEUD, Les administrateurs coloniaux et leurs enquêtes.

6 mai 2004
Alain COTTEREAU
Droit et bon droit. Le sens du juste entre patrons et ouvriers en France, au XIXe siècle.

15 mai 2004

De 10 heures à 17 heures

Caroline DOUKI, Alain CHATRIOT, Nicolas MARIOT, Stéphane MICHONNEAU, Nicolas ROUSSELLIER

Approches en histoire sociale du politique

La journée se déroulera
au Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis
22 bis rue Gabriel Péri
Saint-Denis

Métro : Saint-Denis, Porte de Paris
A 3 minutes du métro