Spoliations et restitutions des biens juifs en Europe, XXe siècle
Sous la direction de Constantin Goschler, Philipp Ther et Claire Andrieu
Traduit de l’allemand et de l’anglais par Odile Demange
Paris, Autrement, coll. « Mémoires/Histoires », 2007, 415 p.

Les spoliations antisémites et les restitutions d'après la Seconde Guerre mondiale ont été de véritables processus politiques et sociaux révélateurs de leur temps et étroitement liés. Sans la mémoire de ces politiques passées, on ne saurait comprendre les indemnisations des années 1990. Le caractère international du processus de confiscation initié par l'Allemagne nazie et mis en oeuvre dans ses États satellites et occupés n'a pas empêché que les conditions et le degré d'application ont varié d'un pays à l'autre. Après 1945, la politique de restitution a brisé ce système mais s'est trouvée confrontée aux difficultés matérielles de l'après-guerre et au caractère parfois conflictuel du retour au droit. En Europe de l'Est, il a fallu attendre l'effondrement du communisme pour que le concept même de restauration des droits de propriété soit admis.
Pour la première fois, un ouvrage décrypte les mécanismes du programme de vol légal et de pillage des biens des juifs au coeur du continent européen. À travers les cas d'une quinzaine de pays – des Pays-Bas à la Roumanie, de la France aux Pays baltes en passant par la Suisse, l'Allemagne et la Pologne –, ce livre évalue aussi l'efficacité des politiques de restitution de l'après-guerre tout en abordant les réparations de la fin du xx siècle. Il offre ainsi une perspective comparative inédite sur une période allant des années 1930 à la fin du XXe siècle.