Mathieu Flonneau (études coord. par)
Parcourir et gérer la rue parisienne à l’époque contemporaine. Pouvoirs, pratiques, représentations
Paris, L’Harmattan, 260 p.


Le « pavé de Paris » est le nom ancien du service de la voie publique apparu pendant la période haussmannienne. Il est à lui seul une histoire et une culture.
Le pavé de Paris a aussi sa légende. Et n’est-il pas lui-même une légende, puisqu’il se fait bien rare désormais sur les chaussées de la capitale ? !
Six mille et très diverses, les rues de Paris distillent toutefois des sensations que l’on perçoit comme très « parisiennes ». Même si les rues de Paris ont été soumises à l’histoire, aux événements et à des regimes administratifs successifs, elles témoignent d’une unité
celle d’un espace public maîtrisé et à certains égards achevé. Ainsi, essence même du tissu et de l’existence collective de la ville, ces rues qui n’ont rien d’uniforme ont toujours connu une gestion et un contrôle centralisés. Cette mise en administration tous azimuts de la ville au ras du réseau et la gestion des conflits d’usages, auxquels la rue est d’abord exposée, sont les objets de ce livre.
La rue constitue aussi une forme urbaine que, à Paris comme ailleurs, la « modernité », de quelque chapelle qu’elle se soit réclamée, a manqué de tuer. Les conditions de sa permanence et de son éventuelle renaissance sont ici discutées et bien des détours, parfois inattendus, sont nécessaires pour en appréhender la richesse.
Loin de n’être que simplement fonctionnel, le réseau viaire, comme support et décor de l’activité de la ville, est également le vecteur d’une culture, d’une sensibilité et d’une identité de l’espace public.