Christian Chevandier et Gilles Morin (Dir.)
André Philip, socialiste, patriote, chrétien
Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 2005
503p. (30€)


De part et d'autre de la guerre, la carrière politique et intellectuelle d'André Philip fut exceptionnelle. responsable des Etudiants chrétiens, député socialiste du Front populaire, un des 80 parlementaires à votre contre les pleins pouvoirs à pétain, André Philip représenta la Résistance intérieure à Londres et à Alger. Commissaire à l'intérieur de la France libre, il devint après la Libération ministre de l'Economie nationale et resta député jusqu'en 1951.

André Philip fut aussi un intellectuel et un technicien en politique. Juriste et professeur d'économie politique, il rapporta en 1936 à la Chambre des députés deux projets de loi essentiels pour les réformes du Front populaire. Critique du libéralisme anglo-saxon, il pratiqua le dirigisme dans la période de pénurie et d'inflation de la Libération. Gaulliste des moments sombres, exclu de la SFIO dont il avait été un des plus brillants leaders, quittant le PSU qu'il avait contribué à fonder, il a su prendre pleinement parti pour des causes qui lui semblaient essentielles : la construction européenne, l'opposition à la guerre d'Algérie, le Tiers-Monde. Ses engagements furent ceux d'un homme sensible aux préoccupations de son temps, mais soucieux de s'inscrire dans des valeurs toujours universelles.

A travers ces Actes, chercheurs, témoins, acteurs se penchent sur la personnalité d'André Philip, son oeuvre aussi riche que vaste, la singularité de son engagement dans le siècle.