Aryanisation économique
et restitutions

Mission d'étude sur la spoliation des Juifs de France
Antoine Prost, Rémi Skoutelsky, Sonia Etienne avec la collaboration de Fabrice Cardon, Fabrice Launay et Sylvain Lebreton
Paris, La Documentation Française, 2000, 286 pages


Engagée par les autorités d'occupation, reprise, légalisée; et étendue par le gouvernement de Vichy à l'ensemble du territoire national, l'aryanisation économique visait à exclure totalement les Juifs de l'activité économique en les dépossédant de toutes leurs entreprises, commerciales, industrielles ou artisanales, de leurs valeurs mobilières et de leurs immeubles. A la Libération, ces décisions furent déclarées nulles dès l'origine et une action vigoureuse, administrative mais aussi judiciaire, fut entreprise pour restituer à leurs légitimes propriétaires les biens dont ils avaient été spoliés. Cet ouvrage analyse l'ampleur de l'aryanisation économique qui a entraîné près de 50000 procédures, et leur aboutissement très inégal, puisque la moitié n'avaient pas été définitivement consommées à la Libération. Il expose ensuite comment la restitution a été conçue et organisée. Dans les deux cas, une grande attention est portée aux différences qu'introduisent d'une part la chronologie, d'autre part la nature des biens, et enfin les diversités locales, à commencer par celles qui opposent la zone occupée et la zone non occupée. Il rend compte enfin des méthodes suivies pour tenter de mesurer, à partir d'un échantillon aussi significatif que possible et à partir de toutes les sources disponibles, dans quelle mesure la restitution a été menée à bien. Il présente enfin les estimations très approximatives auxquelles conduit cette démarche. D'importantes annexes permettent notamment, à partir d'une centaine de notices individuelles banales, de passer de l'échelle, globale, du rapport, à l'échelle individuelle, pour approcher la réalité quotidienne de cette persécution qui, pour beaucoup, fut une préface au génocide.