Presentation

 

 

Le Centre d'histoire sociale du XXe siècle est une Unité mixte de recherche de l'Université Paris 1 et du CNRS (UMR 8058). Il a été fondé en 1966-67 par Jean Maitron avec le soutien d'Ernest Labrousse et a occupé un petit local du 16, rue de la Sorbonne. Il s'intitulait alors Centre d'histoire du syndicalisme. Une des principales originalités du Centre fut la représentation, dès sa fondation, des principales confédérations syndicales françaises (CFDT, CGT, CGT-FO, FEN et CNPF) à son Conseil d'administration. Ce choix témoignait de la volonté de faire une histoire ouverte à la collaboration ou à la confrontation avec les acteurs sociaux. Non une histoire militante, mais une histoire qui s'enrichirait du militantisme. Nous avons conservé, depuis quarante ans, cette éthique de l'histoire. Le Centre continue à travailler en relations avec les syndicats et, maintenant, avec nombre de forces sociales et politiques, du champ des associations à celui des politiques publiques, sociales ou urbaines. Toujours avec le même souci d'une compréhension mutuelle sans concessions et compromissions.
Le Centre a, aussi, connu au fil des ans, grâce à l'œuvre de ses directeurs successifs (Jacques Droz, Antoine Prost, Jean-Louis Robert, Annie Fourcaut, puis Michel Pigenet) et de celui qui en fut longtemps son secrétaire scientifique (Jacques Girault), une évolution considérable qui s'est accentuée depuis une dizaine d'années. Il faut d'abord noter la croissance des effectifs des chercheurs et enseignants-chercheurs statutaires (deux en 1968, cinq en 1975, neuf en 1980, 20 en 2000 et maintenant une quarantaine de chercheurs et enseignants-chercheurs statutaires), malheureusement non suivie d'une croissance parallèle de nos personnels administratifs et techniques et de nos locaux malgré le déménagement dans les locaux plus modernes de la rue Malher. A compter de 1990, le Centre a accueilli les chercheurs CNRS du GDR " Travail et Travailleurs ", en particulier la très importante équipe qui assure la publication de la grande série des Dictionnaires du mouvement ouvrier, le Maitron.
Mais l'évolution principale du Centre se marque dans l'évolution de son intitulé et de ses programmes de recherches. De Centre d'histoire du syndicalisme, le laboratoire est devenu Centre de recherches d'Histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme puis, en 1999, Centre d'histoire sociale du XXe siècle. Le programme de recherches qu'il mène à bien en tant qu'UMR (2010-2014) montre bien la diversification de ses orientations autour d'une forte cohérence assurée par l'histoire sociale. L’Etat en action, les modes de socialisation et les mouvements sociaux (cadres, acteurs et horizons), les représentations (politiques, systèmes, relations), gouverner et habiter la ville contemporaine forment les quatre principaux pôles de recherches de ce programme. Celui qui parcourra ce site Internet verra bien comment le Centre a suivi, voire initié, nombre de pistes de recherches novatrices : les rapports de l'individuel au collectif, les groupes sociaux et les mouvement qui structurent et animent la société, les pratiques, enjeux et mémoires du travail, l’histoire sociale du politique, l’histoire du corps, du genre et des sexualités, les politiques migratoires, les images et imaginaires des villes, l'histoire culturelle comme histoire sociale des représentations, le comparatisme, etc.

D'abord lieu de recherches, le Centre est aussi un important lieu d'enseignement. Deux niveaux d'enseignement y sont assurés, le master recherche Histoire des sociétés occidentales contemporaines d'abord qui connaît un succès important avec plus de 160 inscrits en M1 et M2 (2008-2009). Chaque année le Centre accueille des allocataires de recherches et ses enseignants dirigent actuellement près de 90 doctorants pour lesquels un séminaire commun est organisé.
Enfin le Centre est un lieu important d'archives et de documentation qui concourt à la transversalité des recherches menées au sein du laboratoire et participe à son rayonnement extérieur. A ce titre, il offre au public une bibliothèque importante d'histoire sociale connue, notamment, pour la richesse exceptionnelle des travaux de recherche inédits (mémoires de maîtrises et de masters, thèses) qui y sont disponibles, mais encore par l’intérêt des papiers et des archives déposés par nombre de militants et d’organisations. Nous conduisons la modernisation de ces fonds avec l'informatisation de la bibliothèque, la création de bases de données iconographiques et une politique active de coopération avec les autres centres d’archives d’histoire sociale. Dans ce cadre, le Centre a entrepris un travail de réflexion sur les sources et leurs usages par les historiens.


Michel Pigenet