Histoire des cadres de jeunesse et
d'éducation populaire
(1918-1971)

le 9 juillet 2003

organisé par
le PAJEP (Pôle de conservation des archives des associations de jeunesse et d'éducation populaire) et l'ADAJEP (Associationdes déposants aux archives de jeunesse et d'éducation populaire )

les 20-21-22 novembre 2003

jeudi 20 et vendredi 21 novembre :
Conseil économique et social
9, place d'Iéna, Paris

samedi 22 novembre :
Conseil général (Hôtel du département)
avenue du Général de Gaulle, Créteil

Bulletin d'inscription


S'il est employé le plus souvent dans la sphère économique et dans les milieux politiques et syndicaux, le terme de "cadres" se décline aussi au sein des mouvements de jeunesse et d'éducation populaire. Nous nous intéresserons prioritairement aux acteurs qui ont œuvré dans ce secteur, à leur cheminement, à leur formation et par suite aux institutions qu'ils ont contribué à faire vivre. La période retenue pour ce colloque démarre aux lendemains de la Première Guerre mondiale, avec l'éclosion des stages et des premières initiatives étatiques dans ce domaine, et va jusqu'en 1971, moment où se met en place le diplôme du CAPASE (Certificat d'aptitude à la promotion des activités socio-éducatives) et où est votée la loi sur la formation professionnelle continue, dans le cadre de l'éducation permanente.

Le programme des trois journées suivra un déroulement chronologique. Ce temps en effet est suffisamment long pour voir fluctuer les contours de la notion de cadre. Durant toutes ces années, les cadres ont occupé différentes positions, ils ont pu être salariés, rétribués ou bénévoles, permanents ou simples adhérents, ils ont revendiqué tout à tour leur militantisme et leur professionnalisme. Ils se sont souvent situés à la charnière entre le privé et le public. Issus des associations, certains sont devenus fonctionnaires au ministère et réciproquement, des fonctionnaires ont été détachés ou mis à disposition pour travailler dans les associations. Comment se sont déroulés ces parcours, comment se sont effectués les passages, ont-ils été promotionnés, souhaités, négociés, imposés ? C'est cet entre-deux que nous voudrions faire émerger, dans un champ éducatif situé aux frontières du scolaire, mais résolument positionné à côté ou hors de l'Ecole.

Les cadres n'étant pas éternels, la question de leur renouvellement s'est posée, non sans des phénomènes de ruptures générationnelles. Nous chercherons à décrire les procédures de recrutement, explicites et implicites, à y évaluer notamment la part du compagnonnage et de la cooptation, à démêler les réseaux qui en furent les soubassements. Enfin, nous nous interrogerons sur le rôle social de ces acteurs, en fonction des différentes périodes. Fréquentaient-ils leurs équivalents syndicaux ou politiques ? Furent-ils les porte-parole des populations qu'ils étaient censés représenter, les jeunes notamment ?

Volontairement, nous avons convié à ces journées des intervenants de statuts et d'âges différents ; des chercheurs ou universitaires chevronnés voisinent avec des étudiants encore apprentis, aux côtés d'acteurs pouvant témoigner de leur expérience. Les uns et les autres ont travaillé en étroite collaboration avec des archivistes. Nous souhaitons retrouver dans le public cette mixité de statuts, cette diversité d'intérêt, afin de lancer le débat de plusieurs points de vue et d'entrecroiser les problématiques.

Ce colloque se veut prospectif, il est une façon de mettre à jour les trésors d'archives inédites que le PAJEP a commencé à rassembler. D'autres initiatives suivront !

Jeudi 20 novembre

9 h - 13 h

Mot de bienvenue par Jean Bastide, membre du conseil économique et social

Ouverture
- Jean-Paul Egret, président de l'ADAJEP
- Hélène Mathieu, directrice de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative au ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
- Martine de Boisdeffre, directrice des archives de France, ministère de la culture et de la communication

Jean-Noël Luc, Le PAJEP, du berceau à l'âge adulte
Françoise Tétard, Introduction

L'entre-deux-guerres (1918-1939). La formation des Chefs : une méthode pour un idéal
Président de séance : Gérard Cholvy
Discutant : Jean-Noël Luc

Faire Ecole : la symbolique des lieux

Nathalie Duval , Le capitanat de l'Ecole des Roches : un vivier pour les chefs éclaireurs (1918-1940)
Jean-Jacques Gauthé, Le camp-école de Chamarande, lieu fondateur des Scouts de France (1923-1940)
Nicolas Palluau , L'émergence du stage comme méthode de formation (1918-1925)

- pause -

La notion de cadre : images et réalités

Nicolas Fasseur , Comment devenir Chef ? Mode d'emploi à partir d'un corpus de bulletins de mouvements (années 1930)<
Geneviève Poujol, Célibat, militantisme et professionnalisation dans les mouvements féminins protestants


Jeudi 20 novembre


15 h - 19 h

La Seconde Guerre mondiale. Une élite pour demain, mais pour quels lendemains ?
Président : Jean-François Sirinelli
Discutant : Bernard Comte

L'encadrement comme programme "national"

Lionel Christien, L'heure scoute a-t-elle sonné ? Jean Joussellin et le Secrétariat Général à la Jeunesse en zone occupée (août 1940-mai 1941)
Jean-Marc Huguet, Le rôle discret du comité Sully
Mathias Gardet, Le réseau des Ecoles de cadres à l'épreuve de la ligne de démarcation

- pause -

Un ou plusieurs modèles pédagogiques ?

Christian Maurel , La profession de Chef de Maison de jeunes sous Vichy
Monique Bouche, Une Université populaire jociste (Marly-le-Roi, juillet 1942-juin 1944)
Marie-Thérèse Cheroutre, Cadres au féminin : des missions spécifiques ?

Vendredi 21 novembre


9 h - 13 h

La gestion de l'après-guerre : entre héritages et reconstruction
Président de séance : Antoine Prost
Discutant : François Jacquet-Francillon

Une nouvelle génération de mouvements ?

Thierry Crépin, L'abbé Pihan et la relance de Cœurs vaillants - Ames vaillantes (1945-1949)
Sylvain Pattieu, Le groupe dirigeant de Tourisme et Travail, du consensus de la Libération à la scission idéologique (1944-1954)
Michèle Alten, "A cœur joie" : du chant scout à l'ambition polyphonique (1946-1958)
Michel Delmas, Fonctionnaire régional et président de l'Association bourguignonne culturelle (1945-1947) : témoignage

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Espaces d'invention d'une politique

Samuel Boussion, Le scoutisme est-il soluble dans la rééducation ? Autour de la naissance de la profession d'éducateur spécialisé (1945-1959)
Emmanuelle Picard, L'occupation française en Allemagne : un laboratoire d'expériences (1945-1963)
Pierre Guillaume, Les échanges internationaux de jeunes dans la Reconstruction. L'exemple des circuits corses (de 1947 aux années 1960)


Vendredi 21 novembre


15 h - 19 h

Quand les cadres font corps
Président de séance : Loïc Vadelorge
Discutante : Anne Boigeol

Fonctionnaires d'un ministère

Marianne Lassus, Les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports (1944-1952) : la naissance douloureuse d'un corps
Françoise Tétard, Les instructeurs spécialisés d'éducation populaire, un corps privé d'intérêt public (1946-1963)
Jean-Claude Richez , Le Centre d'éducation populaire de Marly, le ministère, les mouvements : un entre-deux à trois (1945-1953)

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Doubles parcours, pour quelles carrières ?

Gaëtan Sourice, Les mis à disposition et les permanents aux CEMEA (Centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active), de 1943 aux années 1960
Laurent Besse, Les directeurs de MJC (Maisons des jeunes et de la culture), des para-fonctionnaires associatifs. Constitution d'une identité professionnelle (années 1950-années 1970)
Michel Héluwaert, De l'ambiguïté d'être cadre (1951-1971)
Gérard Mlékuz, L'apprentissage du métier de délégué régional de Peuple et Culture (1957-1971)

Samedi 22 novembre


9 h 30 - 12 h 30

La tentation de la technicisation
Président de séance : Pascal Ory
Discutante : Danielle Tartakowsky

La neutralité des cadres à l'épreuve des choix politiques

Ludivine Bantigny, La commission Armées-Jeunesse dans la tourmente du conflit algérien (1953-1962) : un face à face intrépide
Jean-Marie Mignon, Les cadres d'outre-mer confrontés à la décolonisation

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Les formations en quête de reconnaissance

Dominique Alunni, La transformation du Centre de Culture Ouvrière en Institut de formation : stratégies de développement (1963-1971)
Michel Séguier, Fondateur, formateur et psychologue au Centre national de formation à l'animation (UFCV - Union française des centres de vacances) de 1964 à 1971
Jean-Louis Hiribarren, La création des IUT carrières sociales en 1967 : une concurrence pour les centres de formation des mouvements

Samedi 22 novembre


14 h 30 - 17 h 30

Présidente de séance : Danielle Tartakowsky
Discutant : Pascal Ory

La naissance de l'animateur socioculturel

Christian Hermelin, La laborieuse implantation des animateurs du ministère de l'Agriculture (1964-1971)

Chantal Guérin-Plantin, Le CAPASE, opérateur du passage de l'éducation populaire à l'animation (1962-1971)

Francis Lebon, L'amorce d'une professionnalisation pour l'animateur de centre de loisirs (1970-1971)

Conclusion à deux voix par Rémi Fabre et Pascale Goetschel


Allocution de clôture par le président du Conseil général du Val-de-Marne

17 h : cocktail offert par le Conseil général



Intervenants

Michèle Alten, ingénieur de recherches à l'UFR de musicologie, Université Paris 4

Dominique Alunni, secrétaire général du CCO de 1957 à 1995, directeur général fondateur de l’INFAC (Institut national de formation et d'application pour animateurs de collectivités), Nogent-sur-Marne

Ludivine Bantigny, doctorante en histoire, allocataire et monitrice, IEP de Paris

Laurent Besse, agrégé d'histoire, doctorat en cours sur "l'histoire des MJC 1959-1981", enseignant d’histoire-géographie à Saint-Jean-de-la-Ruelle

Anne Boigeol, sociologue, chargée de recherches IHTP-CNRS, Paris

Monique Bouche, retraitée de l’Education nationale, documentaliste au CNDP

Samuel Boussion, doctorant en histoire, Université d’Angers

Marie-Thérèse Cheroutre, commissaire générale des Guides de France de 1953 à 1979, membre honoraire du Conseil économique et social, docteur en histoire

Lionel Christien, enseignant dans le secondaire, Maure-de-Bretagne, doctorant en histoire, Université de Montpellier 3

Gérard Cholvy, professeur émérite d’histoire contemporaine, Université de Montpellier 3

Bernard Comte, historien, maître de conférences honoraire, IEP de Lyon

Thierry Crépin, docteur en histoire, enseignant dans le secondaire, Arras

Michel Delmas, retraité, secrétaire à l'inspection principale des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, Dijon, 1945-1947, et secrétaire puis président de l'Association bourguignonne culturelle, 1945-1968

Nathalie Duval, docteur en histoire, ATER, Université Paris 4

Jean-Paul Egret, président de l’ADAJEP, directeur de la fédération régionale "les MJC en Ile-de-France" de 1984 à 2002

Rémi Fabre, maître de conférences en histoire, Université de Nantes

Nicolas Fasseur, doctorant en science de l’éducation, Université Paris 8

Mathias Gardet, historien, chercheur associé au Centre d’histoire sociale du XXème siècle, Paris

Jean-Jacques Gauthé, premier conseiller de tribunal administratif, Amiens

Pascale Goetschel, maître de conférences en histoire culturelle, Université Paris 1

Chantal Guérin-Plantin, maître de conférences en sociologie, Université de Savoie, chercheur au CERAT (Centre de recherche sur la politique, l'administration, la ville et le territoire)

Pierre Guillaume, professeur émérite d’histoire contemporaine, Université de Bordeaux 3, président de la édération historique du Sud-Ouest

Michel Héluwaert, inspecteur honoraire de la Jeunesse et des Sports

Christian Hermelin, responsable du département animation de l’INPSA (Institut national de la promotion supérieure agricole) de 1969 à 1979, Dijon

Jean-Louis Hiribarren, retraité, directeur du département carrières sociales de l'IUT de Tours

Jean-Marc Huguet, docteur en sciences de l’éducation, membre fondateur du GEHFA (Groupe d'études d'histoire de la formation des adultes)

François Jacquet-Francillon, directeur du département de philosophie de l'éducation, INRP, Paris

Marianne Lassus, doctorante en histoire, Université Bordeaux 3

Francis Lebon, doctorant en sociologie, EHESS, ParisJean-Noël Luc, professeur d’histoire contemporaine, Université Paris 4, président du comité scientifique du PAJEP

Christian Maurel, docteur en sociologie, délégué de la Fédération française des MJC auprès de la Fédération régionale des MJC Méditerranée

Jean-Marie Mignon, docteur en histoire, conseiller d’éducation populaire et de jeunesse, Ile-de-France

Gérard Mlékuz, conseiller en formation continue au CUEEP (Centre université économie d'éducation permanente), Lille

Pascal Ory, professeur d’histoire contemporaine, Université Paris 1

Nicolas Palluau, enseignant d’histoire-géographie dans le secondaire, doctorant en histoire, Université Paris 1Sylvain Pattieu, doctorant en histoire, Université Paris 8

Emmanuelle Picard, docteur en histoire, IEP de Paris, professeur agrégée dans le secondaire

Geneviève Poujol, sociologue, auteur de Un féminisme sous tutelle. Les protestantes françaises, Editions de Paris, 2003

Antoine Prost, professeur émérite d'histoire contemporaine, Université Paris 1

Jean-Claude Richez, responsable de l'unité de recherche et de formation, INJEP (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire), Marly-le-Roi

Michel Séguier, docteur en psychologie sociale, directeur du CNFA (Centre national de formation à l'animation) de 1964 à 1971, Fublaines

Jean-François Sirinelli, professeur d’histoire contemporaine à l'IEP, directeur du Centre d’histoire de ’Europe du XXème siècle, Paris

Gaëtan Sourice, archiviste, FONJEP (Fonds de coopération de jeunesse et d'éducation populaire), chargé de mission au PAJEP

Danielle Tartakowsky, professeur d’histoire contemporaine, Université Paris 8

Françoise Tétard, ingénieur CNRS, Centre d’histoire sociale du XXème siècle, Paris

Loïc Vadelorge, historien, Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines, Université de Versailles-Saint-Quentin


et pour le comité de pilotage

Valérie Brousselle, directrice des archives départementales du Val-de-Marne

Christine de Joux, conservatrice à la direction des archives de France
Chantal de Linares, chargée d'études et de recherches, INJEP, Marly-le-Roi
Michel Ménaige, délégué général adjoint du FONJEP
Pierre Moulinier, ancien chargé de recherche au ministère de la culture et de la communication
Emile Picques, responsable de la mission archives, chargé de la Jeunesse et des Sports
Stéphanie Rivoire, attachée de conservation, Archives départementales du Val-de-Marne
François Vareille, directeur adjoint à la direction de la jeunesse et de l'éducation populaire et de la vie associative, ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche


Comité de pilotage

Samuel Boussion
Valérie Brousselle
Marie-Thérèse Cheroutre
Gérard Cholvy
Jean-Paul Egret
François Jacquet-Francillon
Christine de Joux
Chantal de Linares
Jean-Noël Luc
Michel Ménaige
Pierre Moulinier
Pascal Ory
Emile Picques
Antoine Prost
Stéphanie Rivoire
Jean-François Sirinelli
Gaëtan Sourice
Françoise Tétard
Loïc Vadelorge
François Vareille

Conception et suivi scientifique
Françoise Tétard et Samuel Boussion

Pour joindre le secrétariat du colloque :
Samuel Boussion
28, rue Bressigny
49100 Angers
boussionpajep@hotmail.com
02 41 73 32 98

Remerciements :

la direction de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative au ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
la direction des archives de France
le conseil général du Val-de-Marne
le FONJEP
le conseil économique et social