JOURNEE D'ETUDE, MARDI 29 MAI 2001

NAZISME, FASCISME, COMMUNISME : DEBATS ET CONTROVERSES HISTORIOGRAPHIQUES EN ALLEMAGNE ET EN ITALIE

Cette journée d'étude, sous la responsabilité scientifique de Bruno Groppo, est organisée dans le cadre du séminaire de recherche " Territoires et militants " (Centre d'Histoire Sociale du XXe Siècle).

L'histoire du XXe siècle fait actuellement l'objet de différentes tentatives de relecture et de multiples révisions. Le nazisme, le fascisme et le communisme, qui ont occupé une place importante dans l'histoire du siècle, sont au centre d'un débat historiographique renouvelé, qui a aussi des enjeux politiques considérables, en particulier en Allemagne et en Italie où il concerne directement la définition de l'identité nationale. On observe également un regain d'intérêt pour la comparaison entre les différentes expériences totalitaires du XXe siècle, en particulier entre l'Allemagne nazie et l'URSS stalinienne. Si la révision est la démarche naturelle de l'historien, certaines formes de révisionnisme historique suscitent, par contre, perplexité et inquiétude, par exemple lorsqu'on prétend établir un lien de causalité entre le Goulag soviétique et Auschwitz : ne risquent-elles pas d'ouvrir la voie à une banalisation du nazisme, à une relativisation de la Shoah et à une réhabilitation de certains aspects du fascisme ? Comment ce risque éventuel est-il perçu dans les différents pays et les différentes cultures politiques ?
L'objectif de la journée d'étude est de réfléchir, dans une perspective comparée, sur les évolutions historiographiques en cours, les concepts utilisés (fonctionnalisme, totalitarisme, Resistenz, consensus, historisation, etc.), l'utilité et les limites de la comparaison entre nazisme/fascisme et communisme, les dangers d'une réécriture éminemment idéologique et politique de l'histoire. On s'interrogera, entre autre, sur la possibilité d'appliquer à d'autres réalités historiques, en particulier à l'analyse du phénomène communiste, certaines approches et indications méthodologiques utilisées par l'historiographie du nazisme.

Lieu :
Maison d'Italie, Cité Universitaire 7 A, Boulevard Jourdan - 75014 Paris (Metro : Cité Universitaire)

 

PROGRAMME

Ouverture de la journée par Roberto Giacone, Directeur de la Maison d'Italie

Matin
Président : Jean-Louis Robert (Université de Paris I)

9h30 - 10h45
Bruno Groppo (CNRS, Centre d'Histoire Sociale du XXe Siècle), Présentation de la problématique générale.
Enzo Traverso (Université de Picardie), Les historiens allemands et le nazisme.
Edouard Husson (Institut für Zeitgeschichte, Munich), Les historiens allemands et la Shoah.

10h45 - 11h
Pause

11h - 12h30
Denis Peschanski (CNRS, Centre d'Histoire Sociale du XXe Siècle), Le " fonctionnalisme " (Broszat, Mommsen, etc.) : un modèle d'analyse pour la France des années noires ?
Nicolas Werth (CNRS, Institut d'Histoire du Temps Présent), L'historiographie du nazisme fournit-elle des instruments pour analyser la société et le système politique de l'URSS stalinienne ?
Maria Ferretti (EHESS), Le stalinisme entre histoire et mémoire : le malaise de la mémoire russe.

Après-midi

Président : Maurice Aymard (EHESS)

14h - 15h30
Antonio Bechelloni (Université de Lille 3), Le débat historiographique italien autour du fascisme et de l'antifascisme.
Aldo Agosti (Université de Turin) (sous réserve), Les controverses italiennes récentes sur la Résistance.

15h30 - 15h45
Pause

15h45 - 17h30
Patrizia Dogliani (Université de Bologne), Les controverses italiennes récentes sur fascisme-racisme, antisémitisme, Shoah.
Bernard Pudal (Université de Montpellier), Un regard critique sur les théories du totalitarisme.

Conclusions
Claude Pennetier (CNRS, Centre d'Histoire Sociale du XXe Siècle).